Découvrez les coulisses des chaussettes de Violette !

26.06.2017

Formée en Arts Appliqués et diplômée d’Architecture, Violette a parcouru le monde avant de s’installer à Paris et de se lancer dans la chaussette. Elle a accepté de me rencontrer dans les locaux de l’atelier Meraki où elle a développé sa marque : Atelier St Eustache. Venez découvrir son parcours atypique !

Quelles études as-tu faites ?

J’ai fait un bac STI Arts Appliqués, donc je suis dans le milieu de l’art depuis mes 15 ans. A l’époque, j’envisageais l’architecture. Par contre je n’avais pas envie d’enchainer sur ce même rythme des “charrettes” en intégrant tout de suite une école. Je suis donc partie travailler à Londres pendant un an et demi. A mon retour en France j’ai été prise à l’école d’architecture de Saint Etienne pour ma licence. J’ai ensuite voulu venir à Paris pour faire mon Master. J’y ai fait un stage d’un an à l’atelier d’architecture Charles Henri Tachon. J’ai beaucoup appris, l’équipe était super, les projets intéressants, mais je n’ai pas accroché avec le travail en lui-même. J’avais déjà des doutes et ça les a amplifié.

As-tu donc choisi de te réorienter ?

Non car les études étaient très variées et nourrissantes. J’ai postulé à l’école d’architecture de La Villette car c’est une école pluridisciplinaire. J’ai toujours été éclectique, j’adore faire pleins de choses en même temps. J’ai fait ma quatrième année avec les profs les plus décalés qui soient et c’était génial ! J’ai pu prendre des cours de photo, de scénographie, de son… Puis l’école nous a proposé un programme d’échange au Japon pour la cinquième année. Avec le transfert de Saint Etienne à Paris, j’avais fais une croix sur l’Erasmus, alors ça me donnait l’opportunité de partir quand même. C’est vraiment le Japon qui est venu à moi, il y avait 4 places et en deux mois ça s’est décidé : je partais pour un an.

La diplôme d'architecte en poche, comment en es-tu arrivée aux chaussettes ?

Au Japon j’ai découvert un espèce de culte de la chaussette : ils les exposent beaucoup, et en tant que français c’est très marquant. A force de les voir, j’ai commencé à trouver ça mignon et puis surtout j’ai découvert les chaussettes transparentes. Je n’avais jamais vu ça, elles n’existent pas en France ! Je les ai achetées, portées et ramenées en France. Quand des gens ont commencé à m’arrêter dans la rue pour me demander où je les avais trouvées, j’ai commencé à gamberger. En parallèle le diplôme approchait et je ne savais pas du tout ce que j’allais faire après, sauf que je ne voulais pas exercer le métier d’architecte.

Je me suis donc lancée dans la chaussette, parce que je sentais qu’il y avait du potentiel avec ce produit peu exploité. C’était quelque chose de très palpable aussi, qui rassemblait de nombreux domaines de travail, ce que je trouvais très épanouissant.

Concrètement, comment as-tu commencé ?

Après mon diplôme, je suis allée 4 mois à Shanghai pour faire mon stage de fin d’études. Je n’ai pas choisi la ville au hasard, car c’est là que se fabriquent le tiers des chaussettes dans le monde. C’était donc l’occasion d’enquêter sur leur fabrication, et je suis allée visiter des usines.

En rentrant j’ai rejoint la résidence artistique et entrepreneuriale de l’Atelier Meraki, car c’est très dur de travailler seule sur ce genre de projet. Les études d’architecture c’est très bien pour tout le côté création, mais j’avais besoin d’être entourée pour la partie business car je n’y connaissais rien. J’ai eu tout cet accompagnement ici, grâce à la mise en commun des compétences de chacun… et leur soutien moral aussi !

Grâce aux expériences que j’ai pu voir ici, j’ai très rapidement su que je voulais faire une campagne de crowdfunding. J’ai alors travaillé sur le projet pendant un an et demi avant de le lancer sur Ulule.

Comment sont fabriquées tes chaussettes transparentes ?

C’était toute la difficulté ! Je savais que ça existait et que ça se faisait en Asie, mais je tenais au Made in France. J’ai contacté les usines françaises, et une était très intéressée. Aussi motivés qu’ils soient, ils ne savaient pas comment retrouver l’effet souhaité. On a fini par trouver le bon fil pour obtenir la transparence mais leurs machines n’ont jamais réussi à le tricoter. Au bout d’un an, j’ai dû leur dire que je laissais tomber la collaboration, et j’ai ouvert mes recherches à toute l’Europe. Pendant tout ce temps je me suis beaucoup questionnée sur la faisabilité de mon idée, et s’il ne fallait pas que je l’adapte aux contraintes. J’ai finalement trouvé une usine en Italie qui travaillait ce fil. Il y avait des choses qui étaient à améliorer à mon goût, alors je leur ai fait ajouter des pièces dans la machine pour arriver au résultat qui me plaisait. On a fait plusieurs prototypes, on a beaucoup travaillé ensemble pour obtenir ce que j’avais en tête.

Quel est ce fil si particulier ?

La transparence est obtenue grâce à un fil en polyamide transparent, travaillé pour pouvoir être tricoté par les machines à chaussettes et pour avoir assez d’élasticité. Pour te donner une image, c’est un peu comme un fil de pêche.  Et grâce au tricotage de ce fil particulier, on obtient la transparence voulue.

La fabrication de chaussettes est relativement complexe. Elle se fait dans de grosses machines, parées de pelotes de fil qui seront tricotés en tube pour constituer le corps de la chaussette. Il faut environ 5 minutes pour en tricoter une seule. Vient ensuite le remaillage à la main, pour fermer la pointe. La dernière étape est le formage, qui permet de fixer la chaussette en la chauffant à la vapeur.

 

[Pour les intéressés, visionnez ici les étapes de fabrication d’une chaussette classique en usine.]

Comment as-tu dessiné les motifs ? Quelle a été ton inspiration ?

Pour cette partie je me suis vraiment replongée dans le processus de projet que j’avais appris en école d’architecture. J’ai notamment travaillé ce principe selon lequel il fallait pouvoir justifier les motifs que je dessinais pour créer de la cohérence. Comme pour les formes d’un projet d’architecture, j’ai cherché à travailler le « pourquoi ». Comme je visais la campagne de crowdfunding, je voulais en même temps que ce soit facilement explicable.

Le plus évident était donc de raconter mon histoire à travers ces chaussettes : l’architecture et le Japon. Ce qui ressortait de mes moodboards était toujours très graphique, très architectural… six ans d’études laissent forcément une trace ! J’ai alors choisi d’axer ma première collection autour des quartiers de Tokyo que j’avais pu visiter.

Au delà de l'inspiration, que t'ont apporté les études d'architecture dans ce projet ?

Ce sont des études très éclectiques, j’y ai appris la philo, la socio, l’histoire… Et intégrer un projet dans un contexte est quelque chose que je sais faire, je pense que c’est une force. Il y a les compétences graphiques aussi bien sur, qui permettent de faire un projet cohérent visuellement.

Les études d’architecture m’ont aussi appris la persévérance et à savoir me remettre en question. On passe 5 à 7 ans à présenter son travail toutes les semaines devant les profs, ça apprend aussi à trouver un juste milieu entre les idées que l’on veut défendre et les critiques qu’il faut prendre en compte.

Au final, je n’ai pas de regret par rapport à mon parcours !

Il ne me restait qu’une seule question avant de quitter Violette : mais pourquoi St Eustache ? Eh bien figurez-vous que c’est tout simplement l’anagramme de « chaussette » ! Il fallait y penser.

Maintenant il ne vous reste qu’une chose à faire, courir sur Ulule pour pré-commander votre paire de chaussette à prix réduit ! Il ne vous reste que 4 jours.

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