Carnet de route au Myanmar #07 : La laque à Bagan

15.01.2017

Dans leurs carnets de route au Myanmar, Caro et Mélanie nous racontent leur voyage au coeur de l’artisanat Birman. Aujourd’hui, c’est à Bagan que nous nous arrêtons pour découvrir le travail de la laque..
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Bagan est l’une des villes les plus connues du Myanmar, avec le lac Inle il s’agit de l’un des lieux les plus fréquentés par les touristes. Et pour cause, la plaine située dans la région de Mandalay compte un nombre incroyable de temples bouddhistes : près de 3000 répartis sur une cinquantaine de kilomètres carrés. Les trois jours que nous avons passés là bas on été rythmés par les promenades en scooter et les petites balades en vélo pour aller voir les levers et couchers de soleils sur les temples, c’était splendide. Le paysage déjà merveilleux est sublimé vers sept heures du matin par les vols de montgolfières qui traversent le ciel, lentes et colorées (Le voyage d’une courte demi heure coûtant dans les 250-300$/personne, on ne vous cache pas qu’on a préféré les regarder d’en bas…).
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C’est encore une fois totalement par hasard que nous sommes tombées sur la Famille Naing, dans un petit village éloigné de toutes zones d’affluences, lors d’une balade improvisée sur notre petit scooter électrique à pédales. Mr Naing a été d’une incroyable hospitalité et nous a fait découvrir avec beaucoup d’enthousiasme l’ensemble de son atelier. En cette saison sèche, l’ensemble des outils sont installés à même le sol en terre, parfois disposés sur des tissus. Des toiles tendues dans les airs permettent d’abriter l’ensemble de la chaleur écrasante du soleil.
Petite entreprise familiale, ce sont donc les enfants de Mr Naing que nous pouvons voir travailler.
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Un homme forme ce qui va servir de base à l’application de la laque. Il met en place le support en superposant de fines lamelles de bambous en partant du centre de l’objet vers l’extérieur. Suivant comment celles-ci sont placées et le nombre de couches qui sont mises en place, l’artisan peut créer des assiettes, des bols, des plateaux, des vases ou des boîtes… La structure est souvent en bambou, mais il arrive qu’elle soit faite à base de crin de cheval, de coton, de tissus ou de plumes. L’ensemble du montage est ensuite égalisé et lissé à l’aide d’un tour manuel en bois. Puis la première couche est passée : il s’agit d’un mélange de cendres et d’argile qui sera poli pour homogénéiser la surface de l’objet. Une fois la fabrication d’une base régulière terminée, l’application de la laque débute. Une dizaine de couches seront nécessaires pour obtenir un objet lisse, brillant et solide. Le séchage dure plusieurs mois dans une atmosphère plutôt humide.
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Les dessins réalisés sur les objets en laque peuvent être réalisés de plusieur manières : il peut s’agir de gravures dont le relief est ensuite teinté ou de peinture. De plus certaines réalisations sont entièrement ou partiellement recouvertes de petits morceaux de coquilles d’oeufs collé un à un. Ce sont principalement les femmes (ou les enfants…) qui sont chargés de cette tâche qui demande beaucoup de dextérité et de précision. Des ateliers ouverts, aussi appelés “workshops”, et situés dans les zones plus touristiques permettent de bien comprendre l’ensemble du processus de réalisation. Ils peuvent cependant mettre mal à l’aise, comme nous l’avons vu à Amarapura dans les ateliers de tissu, car il s’agit d’ “usines-musées vivants” dans lesquelles le touriste derrière des barrières vient regarder des autochtones, enfants ou adultes, travailler dans des conditions très précaires.
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Rendez-vous dans deux semaines pour découvrir le huitième arrêt du voyage !

Caro et Mélanie.

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2 Commentaires sur "Carnet de route au Myanmar #07 : La laque à Bagan"


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16 janvier 2017 13 h 28 min

Magnifique voyage ! Merci pour ces sublimes photos !

15 janvier 2017 11 h 16 min

Magnifiques photos ! J’ignorais que le récipient se compose d’une superposition de lamelles de bambou. J’aurais aimé voir la fabrication de la base en plumes ou en coton… et le scooter électrique à pédales. Merci !

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