Carnet de route au Myanmar #06 : L’argent à Sagaing

09.12.2016

Dans leurs carnets de route au Myanmar, Caro et Mélanie nous racontent leur voyage au cœur de l’artisanat Birman. Aujourd’hui, c’est à Sagaing que nous nous arrêtons pour découvrir le travail de l’argent.
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Après avoir longuement visité les temples sacrés de la colline de Sagaing nous avons décidé de redescendre dans la plaine pour voir les workshops d’argent dont nous avions entendu parler. Si à vol d’oiseau les deux lieux semblaient très proches, le relief abrupte et la chaleur écrasante nous ont dissuadé de faire le chemin à pied. Nous avons demandé à notre très sympathique chauffeur de mobylette de nous déposer dans un atelier d’argent : il nous emmène donc chez une amie à lui. Plutôt vendeuse qu’artisan, elle nous a conduit elle-même chez son voisin qui possède une petite entreprise. (Il faut savoir que le peuple birman est d’une extrême gentillesse, il donne sans compter et n’attend jamais rien en retour, un belle leçon de vie!)
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L’atelier est un espace ouvert vers la route et couvert par une tôle de fer. Quatre employés se partagent l’espace. Chaque employé (uniquement des hommes) a une tâche à accomplir correspondant au déroulé de fabrication des objets. Les chaises sont rares et la plupart des tâches s’effectuent debout ou assis sur le sol. Les birmans ont une manière particulière de se tenir, ils sont capable de rester accroupis pendant des heures entières dans une sorte d’équilibre que nous étions nous même incapables de tenir plus de cinq minutes.

 

Y sont fabriqués des objets sculptés en métal de plusieurs échelles : bijoux (bagues, colliers, boucles), argenterie (pot , vases, bols) mais aussi ornements religieux (le propriétaire nous a montré un très beau dessin d’un projet qu’ils étaient en train de réaliser : une partie d’une pagode pour un riche commanditaire privé.)
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La technique de fabrication s’appelle la technique de l’argent repoussé. Les plaques d’argent préalablement produites dans un autre atelier sont d’abord soudées ensemble. Quelques premiers coups de marteau donnent la forme primaire à l’objet. Puis vient l’étape de la sculpture à proprement parler, par la technique “repoussée” depuis l’intérieur pour donner du volume aux motifs sculptés. Un produit noir, peut être du goudron, est appliqué pour conserver la forme de l’objet tout en en modelant la surface. Les finitions se font par contre par l’extérieur en ajoutant l’ensemble des détails qui permettent de donner vie à la scène illustrée. Deux finitions sont alors possibles. L’une garde l’effet traditionnel de l’argent : gris très clair et brillant. L’autre est recouvert d’une couche noirâtre : une fois l’excédent retiré, les particules noires restées dans les interstices de la sculpture font ressortir chacun des détails.
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Rendez-vous dans deux semaines pour découvrir le septième arrêt du voyage !

Caro et Mélanie.

 

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