Carnet de route au Myanmar #05 : Le tissage à Amarapura

25.11.2016

Dans leurs carnets de route au Myanmar, Caro et Mélanie nous racontent leur voyage au coeur de l’artisanat Birman. Aujourd’hui, c’est à Amarapura que nous nous arrêtons pour découvrir la technique du tissage.
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Si l’ensemble des ateliers de teintures que nous vous avons présenté dans le dernier article ont été découverts sur le tas comme de splendides surprises, l’arrêt dans les ateliers de tissages de la soie était totalement programmé. Dès l’arrivée au village d’Amarapura on perçoit un léger grincement en cadence provenant des machines mal huilées.

 

Des fabriques ouvertes au publics occupent la plupart des rez-de-chaussée, ces ateliers sont appelés “workshops” et mettent en scène l’ensemble du processus de tissage. Ils sont largement visibles depuis la rue car de nombreuses étoffes colorées habillent les mannequins placés en façade. L’ambiance « musée » était assez désagréable, les travailleuses semblent fatiguées d’être regardées en permanence. Il y a beaucoup d’enfants, surtout des filles, car ce sont majoritairement les femmes qui tissent et les hommes qui teignent. Les machines sont majoritairement manuelles, anciennes et à la manipulation difficile, quelques unes sont alimentées par des petits moteurs bruyants .
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L’atelier reçoit les ballots de fibre teintée directement des ateliers de teinture. Dans une cour adjacente, des jeunes femmes sont assises par terre. Elles s’attèlent à filer la soie en séparant les fils et les roulant de manière régulière sur une petite machine en bois. Une fois les fils étirés sur ces machines, une jeune femme place les roues sur un panneau vertical qui, à la force d’une poulie, permet de transférer le fil des machines à filer sur des bobines. Ces bobines seront placées sur les métiers à tisser.
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Les tisseuses utilisent une sorte de piano avec deux grandes lanières qui, en écartant les fils, définissent la trame de chaque ligne du tissus. Ces deux grandes lanières sont actionnées régulièrement par des pédales en bambou. Entre chaque croisement, les travailleuses passent un fil transversal. Le rythme est propre aux motifs à dessiner : il est dicté par une tablature à laquelle se réfère chaque tisseuse, comme une partition de musique !
Pour les motifs plus précis, un piano plus petit est utilisé, avec de nombreuses petites bobines de couleurs différentes. Les femmes occupent principalement les ateliers dédiés au tissage des étoffes unies ou rayées, car la mise en place du motif demande plus de force et d’endurance. Les fillettes avec une bonne vue et des doigts agiles s’occupent des tissages qui nécessitent plus de précision.
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Outre ce type de fabrique à grande échelle, dans quasiment chaque maison du village se trouve un métier à tisser traditionnel. Certains sont manuels mais quelques maisons sont équipées de machines motorisées, ce qui permet de gagner en temps et efficacité. Alors, à la place du rythme mélodieux du travail manuel, nous entendons le bruit saccadé du moteur.
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Rendez-vous dans deux semaines pour découvrir le sixième arrêt du voyage !

Caro et Mélanie.

 

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