Carnet de route au Myanmar #03 : Les feuilles d’or de Mandalay

21.10.2016

Dans leurs carnets de route au Myanmar, Caro et Mélanie nous racontent leur voyage au coeur de l’artisanat Birman. Aujourd’hui, c’est à Mandalay que nous nous arrêtons pour découvrir la fabrication des feuilles d’or.

 

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Mandalay, deuxième plus grande ville du Myanmar, est la dernière capitale royale. Effervescente, pleine d’activités et de poussière, cette ville la frénétique ville voit ses trottoirs occupés par des milliers de commerces. Les rues sont aussi les lieux de fabrication de l’artisanat local : or, laques, ou sculpture sur marbre.
Mandalay est réputée comme étant le lieu principal de fabrication des feuilles d’or au Myanmar. Le procédé de fabrication de ces feuilles extra-fines et précieuses nous était totalement inconnu, le passage de la pépite trouvée sous terre à ce petit carré vendu sous plastique était un mystère.

 

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Leur usage est multiple : elles servent à couvrir les pagodes et les temples mais aussi comme offrandes sur les bouddhas. Les statues deviennent ainsi boursouflés à cause des multiples couches superposées par les fidèles. Les feuilles d’or ont également un usage professionnel, entre autres pour la décoration de livres et de meubles en bois ainsi que pour la restauration d’oeuvres d’art.

 

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Après avoir arpenté les rues un bon moment sans trouver les ateliers, nous avons demandé à un chauffeur de nous y conduire. Notre arrivée sur les lieux fut vite confirmée par le bruit rythmé, presque musical, des coups donnés par les “batteurs”. Si nous avons croisé peu de touristes dans la visite de la fabrique de statues, cette entreprise était à la limite d’un musée. Chaque étape y était expliquée et détaillée sur des panneaux de présentation, des zones étaient destinées aux travailleurs, et d’autres aux visiteurs.

 

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L’or est très ductile. Le « batteur » intercale des petits bouts d’or entre des feuilles de bambou. Il enserre le tas dans des liens puis lance le chronomètre : une demi noix de coco et un bâton flottant dans un bol en terre cuite rempli d’eau. Il commence à marteler et change de côté lorsque le timer est écoulé. Ainsi, il a l’assurance que le petit tas reste homogène. Cette étape dure environ 30 minutes.
La fine couche d’or ainsi obtenue est partagée en 6 dans l’atelier des femmes puis chaque sixième de feuille est de nouveau martelé de la même façon. Cette fois, c’est parti pour 5 heures de martelage.

 

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Au bout de centaines de coups de marteaux, les feuilles sont presques prêtes. Elles retournent alors dans l’atelier des femmes qui, plus délicates, veillent aux finitions des feuilles, se chargent de les découper au format souhaité (souvent rectangulaire) et assurent leur conditionnement.
L’ambiance de l’atelier est assidue… Les batteurs d’or transpirent à force de taper de manière régulière. Il faut dire que le marteau pèse environ 3 kg !
D’une barrette d’or initiale de 12 grammes, on obtient ainsi 4600 feuilles d’or pour la vente.

 

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Rendez-vous dans deux semaines pour découvrir le quatrième arrêt du voyage !

Caro et Mélanie.

 

Sources complémentaires :
http://www.willgoto.com/2/147336/liens.aspx
http://www.empreintedasie.com/carnet-de-voyage/artisans-de-lor-dans-les-mains/
http://www.focusbirmanie.org/un-anti-guide/batteur-dor-un-metier-dhomme/

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